New York
Le 2 mars 2010
LE TEXTE PRONONCÉ FAIT FOI
Monsieur le Président, distingués membres de la délégation,
En tant que Ministre d'État (Condition féminine) du Canada, je vous remercie beaucoup de m'offrir la possibilité de prendre la parole à l'occasion de la 54e session de la Commission de la condition de la femme.
Puisque nous soulignons ici le 15e anniversaire du Programme d'action de Beijing, je me permets d'attirer votre attention sur l'engagement continu et sans réserve du Canada à l'égard de l'égalité entre les femmes et les hommes. Nous croyons que l'égalité des sexes et l'autonomie des femmes représentent non seulement une fin en soi, mais aussi des étapes fondamentales vers la réalisation de tous les objectifs du Millénaire pour le développement.
Les Nations Unies ont une influence considérable sur la rapidité à laquelle nous en arriverons à l'égalité entre les femmes et les hommes à l'échelle de la planète.
Le Canada se réjouit de la décision de l'Assemblée générale de regrouper quatre entités existantes des Nations Unies en créant pour ce faire une entité chargée de la question de l'égalité des sexes relevant d'une ou d'un secrétaire général adjoint. Une telle entité augmentera la cohérence et l'efficacité du travail des Nations Unies sur la problématique hommes-femmes et nous nous attendons à ce que tout le système de l'ONU appuie activement cette nouvelle entité.
Il y aurait également lieu à notre avis de mettre sur pied un mécanisme en vue d'améliorer la communication entre le futur conseil d'administration de l'entité et la Commission afin de renforcer le rôle de cette dernière.
Je suis heureuse de vous présenter ce rapport sur les progrès qui se font au Canada en vue d'atteindre la pleine égalité des sexes. Le plan que nous nous sommes donnés pour y parvenir repose sur trois grands piliers. Premièrement, promouvoir la sécurité économique des femmes. Deuxièmement, éliminer la violence faite aux femmes. Et troisièmement, encourager les femmes à participer à la vie démocratique et à occuper des postes de responsabilité.
Nous avons déjà mis en œuvre de nombreux éléments de ce plan et nous continuerons à le faire au cours des mois et des années à venir.
Nous avons fait de très grands progrès dans un certain nombre de domaines, ayant par exemple augmenté les niveaux de scolarité, réduit la pauvreté et accru la participation économique des femmes en plus d'augmenter leur accès au pouvoir et à la prise de décisions.
En 2007, par exemple, les femmes ont obtenu 61 p. 100 de tous les grades, diplômes et certificats universitaires, comparativement à 55 p. 100 en 1998.
Leur taux d'abandon des études secondaires, qui était de 9 p. 100 en 2002, n'est plus que de 7 p. 100.
En 2009, les Canadiennes ont été majoritaires pour la toute première fois au sein la population active, leur pourcentage de celle-ci, qui était de 47 p. 100 en 2004, s'élevant dorénavant à 50,9 p. 100.
Les femmes lancent deux fois plus de petites entreprises que les hommes, et leur revenu moyen s'est accru de près de 17 p. 100 depuis 2002.
À compter de janvier 2011, les travailleuses et les travailleurs autonomes du Canada pourront se prévaloir de quatre types de prestations fédérales d'assurance-emploi en vertu de l'adoption d'un nouveau règlement par notre gouvernement : les prestations de maternité, les prestations parentales, les prestations de maladie et les prestations de compassion.
Il s'agit d'un très grand pas de l'avant pour les femmes et pour l'égalité des sexes au Canada.
Nous gagnons également du terrain au chapitre du pouvoir et de la prise de décisions. À l'heure actuelle, les femmes représentent 28,9 p. 100 des membres du cabinet fédéral du Canada – jamais ce pourcentage n'-a-il été si élevé.
Au sein de notre bureaucratie gouvernementale, la proportion de femmes sous-ministres est passée de 25 p. 100 en 2005 à 38,7 p. 100 aujourd'hui. Il s'agit d'une augmentation de 50 p. 100.
Les femmes représentent 54,9 p. 100 de la fonction publique fédérale du Canada et 43 p. 100 de ses cadres de direction. Cette proportion était de 33,8 p. 100 en 2005.
Ces chiffres sont le fruit de nombreuses années de travail et de l'élaboration de politiques positives, y compris l'emploi constant de nos protocoles d'analyse comparative entre les sexes.
Pourtant, le travail n'est pas fini.
En 2009, quelque 38 000 affaires de violence familiale ont été signalées à la police, et 83 p. 100 des victimes étaient des femmes.
Au Canada, nous travaillons afin de venir en aide aux femmes vulnérables qui sont les victimes de ce crime atroce.
Comme beaucoup d'entre vous le savent, le Canada a été l'hôte l'an dernier d'une conférence inaugurale visant à lancer l'élaboration d'une structure internationale de gouvernance pour les réseaux de maisons d'hébergement.
Ce réseau mondial présente aux intervenantes et aux intervenants en prévention de la violence familiale du monde entier de nouvelles possibilités de réseauter, de partager des innovations qui ont fait leurs preuves et d'apprendre au contact de spécialistes d'autres pays et en se côtoyant.
Dix-sept pays ont participé à la conférence inaugurale et j'ai hâte de poursuivre le travail associé à ce dossier avec nombre de mes collègues ici présents.
Le gouvernement du Canada ne cesse de travailler à l'amélioration de la situation des femmes autochtones au Canada. Celles-ci sont plus vulnérables à la pauvreté, à la violence et à la discrimination.
Aider les victimes ne suffit toutefois pas.
Au Canada, les ordres de gouvernement s'efforcent d'améliorer leurs réponses à la violence faite aux femmes, notamment par la prévention et par l'adoption de lois plus strictes qui accordent la priorité aux victimes plutôt qu'aux criminels.
Nous reconnaissons également que les femmes et les filles continuent d'être victimes d'exploitation sexuelle. Nous poursuivrons nos efforts pour combattre le crime de la traite des personnes, qui cible les femmes et les filles à des fins d'exploitation sexuelle. Nous avons également renouvelé une stratégie visant à prévenir l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet.
Le Canada entend contribuer de manière importante pour venir en aide aux femmes et aux filles, et ce, non seulement chez lui, mais à travers le monde. Nos efforts en Afghanistan permettent à des milliers de filles d'aller à l'école dans des régions où cela était jusqu'alors impossible.
En Haïti, où l'on faisait des gains tangibles dans les domaines de la sécurité et de la gouvernance avant que n'y survienne le séisme, nous avons la ferme intention d'aider le pays à se reconstruire par tous les moyens possibles.
Le Canada a récemment annoncé qu'il jouera également un rôle de premier plan dans le cadre d'une autre initiative.
De plus, comme l'a dit le premier ministre Harper en s'adressant aux leaders mondiaux à Davos en janvier : « Chaque année, 500 000 femmes meurent pendant la grossesse et près de neuf millions d'enfants meurent avant même d'avoir atteint l'âge de cinq ans. Souvent, les clés de la vie sont aussi simples que de l'eau salubre ou un traitement de base contre les infections ».
C'est pourquoi le premier ministre Harper a annoncé qu'à titre d'hôte du Sommet du G8 de cette année, le Canada prendra la tête d'une initiative majeure ayant pour but d'améliorer la santé des femmes et des enfants dans les régions les plus vulnérables de la planète dans le cadre de ses efforts d'aide internationale.
En fait, en Haïti seulement, des milliers de femmes enceintes risquent d'accoucher dans des conditions dangereuses et insalubres par suite du tremblement de terre de cette année. Il est évident que notre leadership en cette matière ne saurait arriver assez vite.
Le Canada souscrit au principe de l'égalité entre les femmes et les hommes, lequel ne constitue pas uniquement une question de droit de la personne, mais une condition essentielle à la pleine participation des femmes à la vie économique, sociale et démocratique du Canada.
À titre de représentante élue et de femme, sachez également que je suis persuadée qu'au Canada, les hommes favorisent autant l'avancement des femmes que ces dernières dans tous les segments de notre société.
Nous gagnons en force en tant que nation lorsque les femmes profitent de toutes les occasions possibles; les hommes jouent un rôle important dans la promotion de l'égalité.
Monsieur le Président, les membres de ma délégation se réjouissent de cette occasion qui est donnée à nos gouvernements de collaborer ensemble et avec la société civile dans le cadre du processus d'examen de Beijing+15.
L'adoption récente des résolutions du Conseil de sécurité 1820, 1888 et 1889 et le 10e anniversaire prochain de sa résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité représentent un virage historique dans nos efforts pour assurer la mise en œuvre de nos engagements de 1995 visant à protéger les femmes lors de conflits armés.
Pour assurer la protection pleine et entière des droits fondamentaux des femmes, il est clair que celles-ci doivent participer à l'édification d'une paix et d'une sécurité durables dans leur collectivité. Le Canada entend veiller à ce que les mécanismes utilisés pour assurer la paix et la sécurité soient adaptés aux besoins et aux expériences des femmes et des filles dans les pays en guerre ou sortant d'un conflit armé.
Je tiens à préciser que la poursuite de l'égalité et de la pleine participation des femmes exige la collaboration d'un large éventail d'organismes, ce qui passe notamment par le travail concerté des organisations non gouvernementales, du secteur privé et de tous les ordres de gouvernement.
Dans bien des cas, les organisations qui font la promotion des droits de l'homme au niveau national jouent un rôle important pour assurer le suivi des progrès à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, et elles ont une précieuse contribution à faire aux efforts que nous consacrons ensemble pour agir dans les domaines critiques d'intervention qui sont décrits dans le Programme d'action de Beijing.
Je suis convaincue que nous partageons le même but, c'est‑à‑dire construire un monde où les femmes et les filles sont en sécurité et en santé, où elles contribuent au processus démocratique et où elles profitent de la prospérité et de la sécurité financière en participant pleinement à l'économie.
Ensemble, nous pouvons apprendre les unes et les uns des autres et explorer les avenues qui nous permettront à l'avenir de prendre des mesures, à l'échelle nationale et internationale, en vue d'atteindre l'égalité pour les femmes et les filles.
Je vous remercie.
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